Les Calvaires

  1. L’origine de la Croix

La croix n’était pas un symbole utilisé par les premiers chrétiens, car ils craignaient que ce symbole soit un signe qui les livre plus rapidement encore aux terribles persécutions romaines qui ont ensanglanté les premiers siècles du christianisme. C’est à Carthage en Tunisie que la croix apparaît pour la première fois. Dans un premier temps comme supplice infamant, elle est importée par la suite à Rome en Italie, au 3e siècle avant JC.

On retrouve au 1er siècle après JC, le supplice de NSJC. Dans le récit des évangiles, la Bible dit que Christ a été cloué à une croix. Le mot grec utilisé pour «croix» est « stauros » qui signifie « pieu, poteau, poteau dressé ou croix ». Curieusement, les autres passages disent que Christ a été cloué à un arbre (I Pi 2 :24 ; Ac 5 :30, 10 :39, 13 :29). Le mot grec utilisé dans ces versets est « xulon » qui signifie « bois, bâton, arbre et autres articles en bois ».

Après la reconnaissance de la chrétienté par Constantin le Grand, les Chrétiens ne craignant plus les persécutions et encore plus à partir du Ve siècle, la croix commença à être représentée sur des sarcophages [cercueils de pierre], des lampes, des coffrets et d’autres objets.

C’est réellement au IVe siècle, que l’on trouve la représentation de la première croix ; Galla est une chrétienne convaincue et réputée pour sa piété personnelle, passant selon les auteurs de l'époque «...des nuits entières à prier à même le sol dans les larmes. » Elle fait construire de nombreuses églises dont une consacrée à saint Jean l'Évangéliste à Ravenne (disparue de nos jours) et une chapelle dédiée à saint Laurent.

Au moment du Moyen Age, la Croix reprend la symbolique du supplice. Par exemple, La roue qui consistait à attacher le supplicié sur une croix de Saint-André creusée d'encoches profondes de façon à ce que certaines parties des membres soient placées sur ces vides, le bourreau frappait alors à ces endroits de manière à briser les os à l'aide d'une barre de fer.
Bras, avant-bras, tibias et fémurs étaient tour à tour fracassés, pour finir il défonçait la cage thoracique. Le supplicié, hurlant de douleur, cassé de partout était alors attaché sur une roue fixée en haut d'un poteau, bras et jambes brisés pendant dans le vide, la face tournée vers le ciel pour y faire pénitence, tant et si longuement qu'il plaira à notre Seigneur les y laisser ainsi que le proclamait l'édit de François Ier du 4 février 1534 qui concernait essentiellement les voleurs de grands chemins).

2. De la Croix au Calvaire

La première trace des croix dans nos régions se retrouve dans le nom des lieux. Ils sont choisis à l’emplacement des croisées de chemins, ou sur les lieux de pèlerinage (CROUX, LACROIX, DELACROIX, LA CROUSETTE, CROUZET, CALVARIE, ..). Il faut cependant se méfier des faux amis tels que CROUSET (deux chemins qui se croisent), CRES (Champ caillouteux) ou LA CROIX D’ARGENT (référence à une auberge par exemple).

C’est ainsi qu’apparaît les calvaires, croix de chemins. Le socle du calvaire fait référence au lieu où Notre Seigneur Jésus Christ est mort.

C’est en 1704, que l’on trouve la trace du premier calvaire en Bretagne. A partir de 1850, les crucifix sont de plus en plus présents. On retrouve de nombreux symboles, qui sont :

-          La couronne d’épines,

-          Les rayons du Ciel, représentant la Gloire

-          Le Sacré Cœur

-          La Crosse et la Mythe

-          La Lance et l’Eponge

-          Le Marteau et les clous

-          Un jardin, et souvent une grille (Première moitié du XXe siècle)